Comparons deux championnes de ski contemporaines :
La première a tenté un come-back. Elle s’est rompu les ligaments croisés lors de sa préparation, a pris le départ quand même, a lourdement chuté et s’est fracturé la jambe.
De fait, elle a échoué.
La seconde s’était fait une double fracture tibia-péroné la saison dernière. Elle vient de gagner deux médailles d’or olympiques.
De fait, elle a formidablement réussi.
De laquelle parle-t-on à longueur d’articles de presse ? De la première.
Quelle est sa nationalité ? Américaine.
D’un point de vue interculturel, il est intéressant de décrypter le phénomène.
D’abord, il n’y a rien de gratuit. Cette dame est hyper-sponsorisée : 8 à 10 millions USD annuels, évalue la presse spécialisée.
Donc, puisqu’on ne peut pas communiquer sur la « winneuse » US, on met l’accent sur sa résilience, en insistant sur sa force de caractère lors de la convalescence : pour reprendre la phraséologie américaine, son
« positive mindset » est « inspiring ».
En plus, nous disent les marketers du sport, cela correspond bien aux valeurs de la génération Z.
« Yes we can » et « MAGA » = même ressort..
Est-ce bien ou mal ? Ni l’un ni l’autre : C’EST.
Les Américains cultivent dès la High School le talent de se mettre en valeur par le récit. Cela fait partie de leur ADN culturel.
Encore faut-il en être conscient et le gérer, plutôt que de s’ébahir comme le font (par exemple) nombre de journalistes français.
Quant à la double médaillée olympique italienne Federica Brignone : BRAVISSIMA !
